Notre living lab

Entretien avec Bernard Corbineau, co fondateur de Brie’Nov

Brie’Nov, c’est avant tout un réseau d’acteurs réunis autour de l’envie d’agir pour un développement local de la Brie dont l’épine dorsale est l’innovation numérique. Briards, experts et bonnes volontés diverses, réfléchissent et développent des solutions afin de répondre aux problèmes du territoire.
Brie’Nov est une organisation innovante dans sa gouvernance et à travers ses productions « bottom-up », issue de personnes qui habitent ou travaillent en Brie.

 

-* Qu’entendez-vous par développement par l’innovation et le numérique ?

Notre monde change très rapidement et dans le même temps il subit de nombreuses crises (sociétale, économique, politique…). Il est nécessaire de réagir, en tant que pays, que territoire rurbain, qu’individu dans cette double tourmente. Une des manières les plus positives est de penser notre développement territorial en terme d’innovation et de numérique.

-* Vous combinez les deux ?

Oui, l’innovation est une attitude puis une aptitude à acquérir. Le numérique est à la fois un moyen de développement puissant aujourd’hui et une culture dans laquelle nos plus jeunes enfants sont déjà immergés. Leur combinaison nous semble être un ressort pertinent et une des clés d’un développement durable futur.

-* A quelle échelle voulez-vous agir ?

Nous sommes aujourd’hui une quinzaine d’habitants de la Brie à vouloir agir par des actions concrètes sur notre environnement, sur notre lieu de vie ou de travail. Nous ne marquons pas de frontières mais souhaitons demeurer sur un territoire à taille humaine et assez grand pour que des actions d’innovation numérique soient possibles. Notre territoire aujourd’hui se situe sur les deux Morins qui est administré par 3 Régions. Mais le territoire sera probablement étendu en fonction des volontés qui s’exprimeront. Il nous semble par contre qu’il est bon de s’appuyer sur un territoire relativement homogène, possédant les mêmes caractéristiques, que l’on peut définir comme étant rurbain, un terroir rural qui est en train de s’urbaniser par l’évolution de ses modes de vie. D’ailleurs, nous voulons développer des télé-services qui répondront aux besoins exprimés par les habitants. Cette approche locale n’exclut pas, bien au contraire, de s’inspirer d’actions déployées ailleurs et de s’associer des compétences, expertises, venant de tous horizons.

-* Concrètement comment comptez-vous faire ?

D’une part, partir des projets d’innovation numérique des habitants. Ils sont les bienvenus à partir du moment où leur projet est réaliste, qu’ils prennent la peine de s’y impliquer vraiment et qu’ils comprennent l’intérêt de travailler à la fois pour soi et pour le collectif. Trois conditions sur lesquelles nous ne transigerons pas.
D’autre part, l’innovation exige l’ouverture et la créativité. Celles-ci sont favorisées par l’échange. Echange entre les porteurs de projets, échange avec le monde environnant, c’est à dire les institutions territoriales, les organisations déjà constituées, les structures de recherche, etc.

-* Avez-vous déjà des projets sur lesquels vous travaillez ?

Oui tout à fait, nous avons lancé des chantiers et la liste est ouverte.
Nous avons monté un groupe de travail sur la téléformation et travaillons en relation avec des entreprises, des enseignants, l’université, des organismes collecteurs de fonds de formation. Nous comptons lancer des formations dès 2011.
La téléformation permet à nos jeunes de ne pas quitter le territoire et par conséquent d’y développer ensuite leurs activités professionnelles mais aussi de former des personnes à mobilité réduite (coût transport, handicap social, handicap physique, etc.)

Nous réfléchissons aussi au télétravail qui constitue une demande forte mais encore non structurée sur notre territoire. Là aussi un partenariat est en cours de constitution.
Son objectif est de réduire la migration pendulaire ; n’aller que deux fois par semaine à Paris ou La Défense est une révolution pour la vie quotidienne de beaucoup de personnes et une amélioration de la qualité de vie.

Le tourisme se développe sur notre territoire grâce à de nombreuses initiatives.
Nous travaillons à des outils innovants et numériques et certains sont déjà mis en place.

La télésanté et la télémédecine sont deux moyens de répondre aux défis de plus en plus grands qui se révèlent depuis quelques années.
Nous travaillons en Brie Champenoise à l’émergence de services à la personne, au maintien des personnes à domicile, à des télé services liées aux Pôles & Maisons de Santé actuellement en cours de création sur notre territoire : maintien et développement du lien social, aide aux aidants, etc.

-* Avez-vous d’autres projets ?
Oui nous avons beaucoup de chantiers en perspective. Mais surtout nous attendons de nouveaux porteurs de projets. Des champs entiers sont à développer tels, une mobilité plus aisée, la cyberculture, un monde insoupçonné ou dévalorisé par beaucoup d’adultes, des nouvelles filières industrielles telles la domotique ou les agro-transformations, etc.

-* Avez-vous un lieu où l’on puisse vous rencontrer ?

Nous ne sommes pas des cyber mutants, même si une partie de nos activités se déroule en ligne.
D’une part, nous nous rencontrons en début de soirée une fois par mois autour d’un pot de façon très conviviale et informelle pour parler du projet et… de notre territoire.
D’autre part, nous séances de travail sont ouvertes .
Enfin, nous comptons créer des lieux ressources, de convivialité locale et d’accès à l’information et à la connaissance. Ces lieux seront liés aux chantiers thématiques mais ouverts à d’autres activités. Nous réfléchissons déjà à des lieux précis, l’Office du tourisme de la Ferté Gaucher, l’Agence numérique du Pays Fertois, peut-être le lycée agricole de La Bretonnière, etc.
Le numérique doit redonner du sens à l’humain.

-* Une utopie ?

Non, la réalité d’aujourd’hui !
Nous ne sommes ni des utopistes, ni des bénévoles. Un ensemble de partenaires locaux, extra locaux, de citoyens, s’investissent déjà sur les chantiers et leurs problématiques de territoire dans l’objectif d’un développement local. Ces partenaires ont un intérêt économique à le faire, soit en tant que prestataire (recherche et conseil), soit en tant que maitre d’œuvre, soit les deux.
Chaque chantier thématique doit trouver l’économie de son projet. Ils seront financés par contrat-objectifs, de type privé quand le marché est possible, de type public quand le service l’est.
La recherche de financements est déjà active !

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